La
petite Histoire de l'Homosexualité et la Transexualité
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Au
plan historique, contrairement à certaines croyances
populaires, l'homosexualité ou la bisexualité
ne constituent pas des orientations sexuelles qui ont de
tout temps été jugées anormales . En
effet, Hérodote, historien grec du Vème siècle
avant Jésus- Christ, rapporte qu'au temps d'Alexandre
le Grand, il était coutume, pour un souverain d'avoir
ses eunuques (châtrés) pour satisfaire les
besoins de sa chair. Certains écrits soutiennent
également qu'Alexandre le Grand, comme beaucoup d'autres
personnages de son époque, entretenait des relations
bisexuelles. Les historiens affirment en outre qu'au temps
des Grecs et par la suite celui des Romains, les relations
bisexuelles étaient encouragées et permettaient
à l'homme (on parle surtout du genre masculin dans
ces récits) de se développer par l'entremise
de nouvelles expériences (Manfredi, 1999). Toutefois,
les écrits ne mentionnent pas qu'à ces époques
il y eut homophobie.
À partir du IVème siècle après
Jésus-Christ, époque où le dogme catholique
romain s'étend à travers l'Europe, l'expression
d'une sexualité dirigée vers une personne
du
même sexe devient un crime contre la dignité
humaine, voire contre la nature. Au crépuscule de
l'Empire romain, l'empereur Justinien (527-565) condamne
en outre les homosexuels au bûcher. Ces dispositions
pour le moins hostiles perdurent de manière relativement
uniforme tout au cours du Moyen-Âge. À cette
époque, l'homosexualité est d'ailleurs souvent
associée à l'hérésie. À
tout le moins, des dispositions pénales sont prévues
pour les « sodomites » partout en Europe jusqu'à
la fin du XVIIIème siècle.
La Révolution Française marque le pas d'un
changement majeur dans la compréhension de l'homosexualité.
D'une part, on assiste à une décriminalisation
partielle des rapports sexuels entre hommes, du moins dans
les territoires sous l'influence française. Cependant,
les pays rattachés à la culture anglo-saxonne
ainsi que, plus tard, les pays du bloc communiste persistent
à considérer les relations homosexuelles comme
un crime passible de châtiment. Par exemple, en URSS
dans les années 30, les homosexuels représentent
une entrave à l'idéal de production et sont
envoyés au goulag. Même dans les pays les plus
progressistes, cette tendance à la criminalisation
perdure : en France, dans les années 40, une loi
condamne les comportements homosexuels commis avec des gens
de moins de 21 ans, tandis que dans l'Allemagne des années
70, les comportements homosexuels sont réservés
aux 18 ans et plus.
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D'autre
part, on commence à parler de l'homosexualité
comme d'une maladie mentale. C'est d'ailleurs un médecin
Hongrois de l'époque, Károly Mária Kerlbeny
(1824-1882), qui a recours pour la première fois au
terme
homosexualité.
L'utilisation
d'une telle épithète à consonance thérapeutique
traduit la conception selon laquelle l'homosexuel est un pervers,
au sens clinique du terme, et doit être soigné
plutôt qu'emprisonné. L'école psychanalytique
a en outre contribué à cristalliser cette position.
Ainsi, en 1968, le DSM-II (Diagnostic and statistics manual),
outil diagnostique publié par l'American Psychiatric
Association (APA), inscrit encore l'homosexualité comme
un problème de santé mentale.
C'est à partir de la deuxième moitié
du vingtième siècle que l'homosexualité
quitte le domaine de la déviance pour se retrouver
dans celui des comportements qualifiés de différents.
Ce n'est d'ailleurs qu'en 1990 que l'Organisation mondiale
de la santé (OMS) supprime l'homosexualité de
la liste des troubles mentaux où elle figurait depuis
1948, tandis que l'APA agit de même façon en
1980, avec la publication de la troisième révision
du DSM. Notons également qu'au plan social, en 1991,
Amnistie Internationale dénonce le fait que l'homosexualité
puisse constituer un critère de persécution;
l'organisme reconnaît ainsi le droit des homosexuelles
et homosexuels à l'asile politique. De plus, à
l'échelle de la planète, les pays où
l'homosexualité est illégale deviennent minoritaires
avec 74 sur 202 (homoedu.free.fr/affichefierte.htm).
Malgré ces progrès aux plans scientifique, juridique
et social, le chemin demeure encore long afin que le respect
et l'égalité soient acquis. Les gais, bisexuels
et lesbiennes sont encore trop souvent victimes de l'ignorance
et des préjugés les privant de certaines libertés
et possibilités dont profite l'ensemble de la population.
Il y a quelques années, un sondage Gallup rapportait
que :
* 60
% des canadiens s'opposent au mariage entre personnes de même
sexe.
* 57 % des canadiens s'opposent à l'adoption d'enfants
pour les personnes homosexuelles.
* 74 % s'opposent à ce qu'ils soient médecins.
* 69 % s'opposent à leur présence dans les forces
armées.
* 62 % s'opposent à ce qu'ils occupent un emploi d'enseignant
au niveau primaire
Certaines personnes homosexuelles ont par ailleurs largement
contribué, par leur parole et leurs actions, à
faire évoluer la société. Le «
coming out » est l'un de ces actes moteurs. Après
plusieurs décennies de réclusion, victimes d'agressions
à répétition ou encore atteintes du VIH,
des personnalités connues révèlent leur
homosexualité au grand jour. Ces «coming out»
ont surpris, voire choqué plusieurs personnes. Depuis
les premiers «coming out», l'attitude du public
a relativement évolué; les gens sont moins surpris
lorsqu'une personnalité connue s'affirme ouvertement
comme étant homosexuelle. Toutefois, lorsque le «coming
out» prend place à l'intérieur d'une famille,
nombreux sont celles et ceux qui refusent d'y croire : les
proches adoptent souvent une attitude de déni ou de
rejet qui est dévastatrice pour l'individu identifié.
Besner
et Spungin, 1995.
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