Basile
Y. : Penseur Méconnu de l'Antiracisme. |
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Promenade
sur le net à la recherche de textes sur le racisme...Je
découvre un site exceptionnel dédié
à un penseur et historien non moins exceptionnel
: Basile Y.
Avec
l'aimable autorisation des fondateurs du site, je me permets
de vous le présenter...Vous trouverez, à la
fin de l'extrait choisi, un lien qui vous permettra de découvrir
cet humaniste malheureusement trop méconnu...Visite
à ne pas manquer ! Azaléa.
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Né
au début du 20ème siècle à Istanbul
(encore empire Ottoman), de famille grecque orthodoxe, Basile
Y. fuit le conflit gréco-turc à l’âge
de 16 ans et parcourt le monde. Il adopte la France comme
nouvelle patrie, se sent parfaitement français et
participe aux mouvements de 1936 puis à la Résistance
contre l’occupant nazi. Mal à l'aise lorsque
les crimes staliniens sont révélés,
il trouve son chemin intellectuel dans l'antiracisme lors
de la mouvance de 1968 et se met à écrire.
Il décède au milieu des années 80 sans
avoir pu publier son travail.
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Petites
histoires glanées dans la grande Histoire
Une
remise en question de notre supériorité, sous
forme de "contes historiques".
Extrait
choisi :
La
"Médecine" des Croisés et les médecins
arabes.
L'orientaliste allemande Sigrid Hunke, dans une importante
étude sur l'apport de la civilisation arabe pour
aider l'Occident à sortir de ses ténèbres,
fait, entre autres, un parallèle entre la médecine
des Avicenne, Averroès et Rashes, et la "maldita
ignorencia". C'est ainsi que le Père Augustin
Antonio de La Calancha appelait la médecine de son
temps, la comparant à la médecine des Indiens
du Pérou, alors hautement appréciée
par les religieux espagnols.
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référant donc à des chroniqueurs arabes
du XIIme siècle, Hunke nous en rapporte "une bien
bonne". Les Croisés ne faisaient pas confiance
à leurs "médecins", et avaient volontiers
recours à l'Art médical des Arabes, alors fidèles
disciples d'Hippocrate. Un jour l'émir Oussama ibn
Mandikh (1095-1188) "prêta" un de ses médecins
nommé Thabit à son voisin le Croisé Franc,
chef du Bourg de Mounaitira, pour soigner les malades de sa
garnison. Cependant, Thabit retourna vite chez son émir,
expliquant comme suit la raison de son retour précipité
de chez les Francs :
"On
m'amena un cavalier sur la jambe duquel s'était formé
un abcès, et une femme attaquée par une fièvre
hectique. Sur l'abcès du cavalier j'avais posé
un emplâtre vésicatoire; l'abcès s'ouvrit
et prit un cours favorable. A la femme je prescris une diète
et avec une alimentation végétale son état
s'était amélioré. Vint alors un médecin
Franc et dit "Celui-là ne saura pas vous guérir,
il n'y comprend rien". Se tournant alors vers le cavalier
il lui posa la question suivante : "Que préfères-tu?
Vivre avec une jambe ou mourir avec deux jambes? Le cavalier
lui répond : "Vivre avec une jambe". Alors
le médecin Franc dit : "Cherchez-moi un cavalier
bien fort, avec une hache bien aiguisée". Le cavalier
avec la hache arrive, j'étais encore présent.
Le médecin pose alors la jambe du patient sur un billot
et ordonne au cavalier : "Tranche-lui la jambe d'un seul
coup de hache". Le cavalier lui assène un coup
pendant que je le voyais faire. Malgré cela, la jambe
n'était pas encore sectionnée. Il asséna
un deuxième coup, alors la moelle de la jambe se mit
à couler, et l'infortuné mourut sur l'instant.
Ensuite, le médecin examina la femme et dit : "Cette
femelle a un diable dans le corps qui s'est amouraché
d'elle. Coupez-lui les cheveux". On les lui coupe, et
elle se mit à manger de nouveau des aliments de ses
compatriotes. Alors sa fièvre monta, et le médecin
dit : "Le Diable monte maintenant à sa tête".
Avec ces mots il s'empara du rasoir, lui fit une entaille
au cuir chevelu en forme de croix jusqu'à ce que l'os
du crâne se dénuda, et le frotta alors avec du
sel. La femme mourut au bout d'une heure. Sur ce, je m'en
allai, après avoir appris de leur Art de guérir
ce qui jusqu'alors m'était inconnu".(1)
S’il s'était contenté d'exorcismes pour
chasser le Diable amoureux du corps de la "femelle",
comme il l'avait appelée, la pauvre femme n'en serait
pas morte. Un exorcisme ne guérit pas, mais ne fait
pas de mal non plus s'il est synchronisé avec une thérapeutique
rationnelle. Un exorcisme peut même augmenter la résistance
physique d'un malade - si ce malade est un croyant - par son
action sur le psychisme, qu'on néglige trop souvent.
Si donc notre médecin Franc s'était contenté
de répandre du sel sur la malade en faisant des signes
cabalistiques même pour l'impressionner davantage, elle
n'en serait pas morte. Cela aurait fait l'effet d'un exorcisme.
Mais il avait voulu pénétrer à l'intérieur
du crâne pour dénicher le Diable. C’était
cela la "maldita ignorancia" des médecins
occidentaux d'alors, telle que la caractérisa le Père
Augustin Antonio de la Calancha dans son ouvrage CORONICA
MORALIZADA DEL ORDEN DE SAN AGUSTIN EN EL PERÚ
"Parmi les indigènes du Pérou il y avait
des médecins sublimes, et le Deuxième Concile
de Lima avait dû constater qu'ils étaient extraordinairement
capables, et devaient être autorisés à
soigner... et disposa à son chapitre 111 que personne
n’avait le droit de les empêcher d'exercer".
Mais cette "maldita ignorancia" n'était pas
alors le monopole des médecins occidentaux. A Byzance,
l'aire de la chrétienté où les Lumières
n'étaient pas encore complètement éteintes
au IVme siècle, il n'en était pas autrement,
comme on lira à l'historiette suivante tirée
de l'Histoire.
BASILE Y.
http://www.basile-y.com/
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