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Plaintes
contre l'ex-actrice, après la sortie de son «livre»
qui dénonce les immigrés, les homos, les chômeurs,
les instits...
«C'est
la troisième fois qu'on poursuit Brigitte Bardot. Nous
attendons de la justice qu'elle cogne très fort. Il faut
que son jugement soit dissuasif et préventif.»
Mouloud Aounit, le président du Mouvement contre le racisme
et pour l'amitié entre les peuples (Mrap), a été
scandalisé par le ton haineux du dernier livre de Brigitte
Bardot (1) et ses attaques contre les immigrés, les homosexuels,
les chômeurs, les enseignants... Mais il n'est pas le
seul. Hier, les réactions à la parution de cet
ouvrage se sont multipliées. Mouloud Aounit a annoncé
que le Mrap allait déposer plainte. Comme la Ligue des
droits de l'homme (LDH), présidée par Michel Tubiana.
«Je suis en train de réfléchir aux qualifications
pénales, explique ce dernier. Je ne pense pas seulement
à la provocation à la haine et à la discrimination
raciale. Mais aussi à l'homophobie.»
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«Lopettes».
Dans cette publication, l'ex-star décharge son fiel. Contre
les homosexuels, qualifiés de «lopettes de bas étage,
travelos (sic) de tout poil, phénomènes de foire»,
contre les «"instits"», qui viennent enseigner
«cheveux gras, chemise sale, jeans dégueulasses et
baskets boueuses», contre les «"chômeurs
professionnels" qui n'acceptent que du travail au noir, et
encore, en posant leurs conditions, se faisant grassement entretenir
à ne rien faire, aux frais du contribuable», contre
les «Français moyens», devenus «gras,
flasques, bedonnants, bouffis, rougeauds, chauves, affreux».
Et, bien sûr, contre les immigrés. Brigitte Bardot
ressasse toujours les mêmes arguments pour stigmatiser les
allocations familiales, versées aux «regroupés
familiaux, polygames», «l'islamisation de la France»,
«la culture du métissage» et «l'Aïd
el-Kébir». Et ce, bien qu'elle ait déjà
été condamnée pour incitation à la
haine raciale.
Pour l'instant, le Mrap et la LDH ont été les seuls
à annoncer leur décision de déposer plainte.
D'autres associations, comme l'Inter-LGBT (lesbien, gai, bi et
trans), le voudraient bien, mais ne le peuvent pas. «La
loi ne permet pas aux associations de lutte contre les discriminations
liées à l'orientation sexuelle ou à l'identité
de sexe ou de genre de se constituer partie civile contre de telles
provocations à la haine, contrairement aux associations
antiracistes», explique Alain Piriou, son porte-parole.
Projet de projet de loi. D'après lui, le Premier ministre,
Jean-Pierre Raffarin, avait promis un projet de loi corrigeant
cette injustice. Le ministère de la Culture et le ministère
délégué à la Parité et à
l'Egalité professionnelle y travaillent, mais il n'a pas
encore vu le jour.
Les autres groupes mis en cause par Bardot n'envisagent pas a
priori de la poursuivre. SOS Racisme et la Ligue internationale
contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) ne souhaitent
pas lui faire de «publicité» devant un tribunal.
Florian Mons, militant du Mouvement national des chômeurs,
affirme ne pas vouloir se «venger [de Brigitte Bardot]».
«Le temps s'en charge», explique-t-il. De leur côté,
les enseignants ont qualifié les propos de l'ex-star de
«consternants»< et «affligeants».
(1) Un cri dans le silence, éditions du
Rocher.
Catherine
Coroller
Sources
:
Avec
l'aimable autorisation de Catherine Coroller
"Et Bardot
Créa L'Infâme" - Catherine Coroller - Edition
du 14 mai 2003 - "Libération"
http://www.liberation.fr/
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