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Les enfants de couples homos
Société - Une étude comparative de la VUB sur les enfants issus d'une fécondation in vitro
Des enfants ouverts à la différence



HERMINE BOKHORST



La Vrije Universiteit Brussel (VUB) a été fort contestée parce qu'elle inséminait les mamans lesbiennes.
Actuellement, cela représente cinq fécondations par jour. Beaucoup de Françaises viennent à Bruxelles pour l'intervention car elle est interdite dans l'Hexagone. C'est pourquoi Katrien Vanfraussen, psychologue clinique de l'université flamande, a réalisé une étude
auprès de 41 de ces enfants et a comparé les résultats à ceux d'un échantillon sociologiquement égal d'enfants issus de la fécondation in vitro dans des couples hétérosexuels et d'enfants conçus naturellement.
Les enfants interrogés se situent entre 7 et 17 ans. Leur âge moyen est de 10 ans et demi. Il y a 19 garçons et 22 filles.
La chercheuse n'a pas constaté de grandes différences entre les groupes étudiés.
J'ai eu quelques difficultés à interroger les enfants des familles hétérosexuelles parce que, souvent, les parents ne leur avaient pas dit qu'ils étaient issus d'une fécondation artificielle, explique-t-elle. Leur argument : pourquoi l'avouer si, de toute façon, nous ne pouvons rien dire au sujet du donneur ?

En Belgique, contrairement à la Suède, le donneur de sperme reste anonyme. Les mères lesbiennes ont, elles, annoncé très tôt qu'elles sont allées « chercher des graines chez le docteur ». La moitié des enfants se posaient des questions quant à l'identité du donneur : Comment est-il physiquement ? S'agit-il de quelqu'un de bon ? Et dans une moindre mesure : Pourquoi a-t-il donné ses graines à un couple de femmes ? La moitié de ce groupe voulait rencontrer le donneur pour pouvoir le visualiser.Les enfants qui ont dit n'avoir pas d'intérêt pour l'identité du donneur montrent, selon la chercheuse,
une loyauté à l'égard de la mère sociale. Celle-ci s'occupe d'eux alors que le donneur n'est qu'un géniteur indifférent.
Parfois, elles blaguent au sujet du donneur : ce trait de caractère là doit sûrement venir de lui ! L'ouverture est beaucoup plus grande dans les discussions que chez les hétérosexuels.
A l'école, certains enfants rapportent que leurs amis trouvent cela très bizarre d'avoir deux mamans.
L'absence du père est visible. Ils sont souvent confrontés à la question : Où est ton papa ? Un tiers répond qu'ils n'en ont pas. Ils ne révèlent leur structure familiale qu'à ceux qu'ils trouvent suffisamment proches. Ils considèrent que cela relève de la vie privée. Les deux autres tiers expliquent qu'ils ont deux mères.
Seuls trois enfants ont estimé que leurs mamans avaient des liens d'amitié uniquement.
La grosse majorité a évoqué que leurs mamans étaient amoureuses, comme les autres d'un papa. Mais ils n'utilisent pas le mot « lesbienne » parce qu'il a une connotation négative. « Homo » est une injure dans la cour de récré. Mais les enfants de lesbiennes ne sont pas taquinés plus fréquemment que ceux des hétéros. Un quart raconte que cela arrive parfois.
Ils en discutent avec leurs mères. La communication est ouverte. Parfois, ils se font eux-mêmes traiter d'homos parce que leurs mères sont lesbiennes.
Katrien Vanfraussen n'a pas encore décortiqué toutes les données qu'elle a récoltées concernant l'identité sexuelle des enfants de lesbiennes. Mais certains éléments ressortent déjà.
Par rapport aux autres enfants, ils sont plus ouverts à toutes les possibilités des orientations sexuelles.
Ils ne croient pas spontanément qu'ils sont forcément hétérosexuels. Ils sont aussi beaucoup plus sensibles à tout ce qui a trait aux droits de l'homme et aux différences en général. Je peux néanmoins déjà vous assurer que
j'ai rencontré de vrais petits machos !



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