D’aucun
pourrait penser qu’il est loin le combat des petites
sœurs d’Angela Davis. Peu à peu, le mouvement
féministe ayant revendiqué et obtenu bon nombre
de droits qui ont mené vers une société
plus juste et plus égalitaire, certains vont jusqu’à
s’imaginer qu’il ne s’agit plus, aujourd’hui,
que d’une lutte de peaufinage, de perfectionnement
des nombreux acquis législatifs gagnés par
les femmes.
Or, force est de constater, et ce pas seulement dans le
domaine du féminisme, qu’entre l’égalité
de droits et l’égalité de chances, il
y un monde très lourd et très lent à
bousculer.
Une société résolument machiste depuis
des millénaires peut-elle d’un coup de baguette
magique se transformer, en cinquante ans, en un paradis
de totale égalité des sexes ? Les comportements
sexistes peuvent-ils s’anéantir simplement
parce que des textes le décrètent ?
Un petit tour d’horizon sur les statistiques belges,
françaises, suisses et canadiennes démontrent
pourtant clairement que le féminisme est encore d’une
nécessité absolue dans nos sociétés.
France
40
% des cadres et des professions intellectuelles supérieures
sont des femmes, et seulement 1 technicien sur 10. Or, les
Universités sont fréquentées par 56
% de filles.
En
politique, les parlementaires françaises sont présentes
à 40,2 % à l’Europe, 23,2% au parlement
français et seulement 25,6% au gouvernement.
Selon
une étude de 1996, 1 femme sur 5 occupe un emploi
à temps partiel, contre 1 homme sur 20.
Au total, 54,9 % des femmes exercent une profession, contre
67,4% des hommes.
Les
femmes ont également un salaire de 15 % inférieur
à celui des hommes.
Elles
assument, en plus, plus des 2/3 des tâches ménagères
(éducation et soins aux enfants compris).
24,2
% des femmes ont été victimes de violences
et/ou harcèlements dans des lieux publics, 33,7%
au travail, et 40 % dans leur couple.
Le nombre de viols en France est évalué à
25000 par an, dont 8000 recensés.
Belgique
En
2001, pour la tranche de population de 25 à 49 ans,
le niveau d’études élevées étaient
de 19,8% d’hommes et de 16,8% de femmes. Or, à
titre indicatif, seulement 17,3% de femmes occupent des
postes de professeurs d’université.
On trouve 32% de femmes belges au parlement européen,
25% au parlement fédéral et 16% au gouvernement.
Le salaire moyen mensuel des femmes était de 1938
euros en 1999, contre 2327 euros pour les hommes, soit une
différence de 17%.
Les femmes consacrent 9 heures 30 hebdomadaires en plus
que les hommes aux tâches ménagères
et 1 heure 20 de plus pour aux enfants.
14,5% des femmes sont seules avec des enfants, contre 5,1%
des hommes.
Elles constituent 31,2% des chômeurs et non actifs,
contre 21 % des hommes.
En 2001, 38,5 % des actives occupaient un emploi à
temps partiel contre seulement 5.1% des hommes.
68%
des femmes belges déclarent avoir été
victimes de violences physiques et/ou sexuelles.
En 2000, le nombre de viols est évalué à
5200 viols dont 1706 recensés pour une population
5 à 6 fois moins élevée que la population
française. Ce qui prête à dire que le
taux de viols par habitant est équivalent au taux
français.
Suisse
L’Université
de Genève fait état de 58% d’étudiantes
inscrites. Or, les femmes professeurs sont au nombre de
129 sur un total de 760 professeurs, soit seulement 16%
du corps professoral.
En 1998, à l’Université de Neuchâtel,
les filles constituaient 49 % des inscrits pour seulement
7% du corps professoral.
Les
femmes occupant des postes de direction sont au nombre de
9,3% contre 17,1% des hommes.
Les femmes occupant des fonctions dirigeantes sont au nombre
de 12% contre 19,5% des hommes.
La représentation féminine dans le monde politique
est en moyenne de 23%.
L’écart des salaires est évalué
à 24 % en faveur des hommes.