Votre
objectif avoué : mettre fin au phénomène,
protéger les femmes des proxénètes…En
d’autres circonstances, cela prêterait plutôt
à rire.
Effrayées, acculées, les prostituées s’éloignent
de plus en plus des zones habitées. Aucun moyen de fuite,
risques accrûs d’agression, impossibilité de
plus en plus grande pour les organismes de soutien et d’aide
de les localiser, donc de les soutenir, voire leur permettre de
se protéger. Voilà aussi les charmantes répercussions
d’une réglementation phallocrate et hypocrite.
De
plus, que penser de la monopolisation de la police à de
telles tâches. Le citoyen ne se sent pas en sécurité
et que fait la police ? Elle arpente les boulevards et les quais
à la recherche de dames montrant un peu trop le haut de
leurs cuisses ou stationnant au même endroit un peu trop
longtemps…
C’est étrange… A Liège, dans ma ville,
très peu de prostituées sur les trottoirs…Elles
ont pignon sur rue. La police n’a pas cru bon de fermer
les bars et c’est tant mieux. Les conditions y sont parfois
déplorables mais il est plus facile de les atteindre, voire
de repérer les macs. Là aussi, il y a du boulot
puisqu’il n’y a toujours pas de statut légal.
Mais, au moins, pas de « chasse aux sorcières ».
Vous
vous plaignez, Monsieur, de l’abondance de femmes sur vos
trottoirs…Mais c’est vous ou la loi que vous défendez
qui a jeté celles-ci à la rue et ce depuis 1946.
En pourchassant celles qui offrent parfois un peu de réconfort
à vos pairs, vous faites preuve d’une mentalité
que Marthe Richard n’aurait pas désavouée.
Vous
parlez d’indulgence lorsqu’une prostituée montre
une volonté de réinsertion…Mais réinsertion
de quoi ? Femme de ménage, ouvrière en usine ? Car,
ne vous en déplaise, la prostitution est un métier
que beaucoup ont choisi. Que faites-vous donc du droit des personnes
à disposer de leur propre corps ?
Et
les conditions d’hygiène, y avez-vous pensé
?
Vous
me direz : « Facile de critiquer et que proposez-vous ?
»
C’est
très simple : Réouverture des maisons closes sous
certaines conditions de sécurité et d’hygiène.
Reconnaissance légale de la prostitution avec protection
sociale. Et éventuellement surveillance policière
uniquement dans le but d’enrayer le proxénétisme.
Cela vous paraît simpliste…Mais, pourquoi faire simple
quand on peut faire compliqué, n’est-ce pas ?
Azaléa
Sources
:
300
euros avec sursis pour une prostituée jugée pour
"racolage " Alexandre Garcia
LE MONDE | 07.05.03 | 14h24
http://www.lemonde.fr/
"300
euros d'amende avec sursis
pour avoir ouvert son manteau" (AP)
Nouvel Observateur 8/05/03
http://permanent.nouvelobs.com/
«
Coincées entre police et proxénètes »
Benoit Helme
L’Humanité l'édition du 7 mai 2003.
http://www.humanite.presse.fr/
"Prostitution:
la gifle des juges au ministre Sarkozy"
BERNARD DELATTRE
La libre Belgique – 6/05/03
http://www.lalibre.be/
«
Envoyé Spécial » France 2
8/05/03