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Prostitution : Non à la "Chasse aux Sorcières"

Un homme dont personne ne veut, un être en mal d’amour, un esseulé qui a besoin de parler, ou simplement envie d’un gros câlin, on ne compte plus les services que rendent les prostituées à la société hypocrite qui les tolère.
Non devant, oui derrière, on en vient parfois à se demander si ceux qui les combattent ne sont pas les mêmes qui, une fois la nuit tombée, laissent traîner, comme par hasard, leur voiture dans les quartiers chauds.
Car utiles, elles le sont : combien de viols, d’agressions, ou simplement de femmes harcelées par quelques hommes en manque d’aventures passagères. ?

Les détracteurs ont le coup de loi facile…Afin de vaincre l’esclavage de ces femmes, ils n’ont rien trouvé de mieux que de rendre leurs conditions de travail plus pénibles encore, les soumettant au noir, sans aucune protection juridique, et ouvrant ainsi la porte à tous les abus.

Ne serait-il pas temps de leur donner enfin un véritable statut professionnel, comme n’importe quel travailleur, d’opérer des contrôles de manière à vérifier qu’elles bénéficient bien personnellement du fruit de leurs efforts.

Imaginons un ouvrier qui serait à la merci des coups de son patron, qui se ferait subtiliser sa paie par celui-ci, il ne faudrait pas longtemps pour que la justice et les syndicats s’emparent de l’affaire et condamne le patron peu scrupuleux.
Alors, pourquoi ne pas considérer les prostituées comme des salariées comme les autres ?

Combien de siècles encore, le monde va-t-il jouer un double jeu face à ce « plus vieux métier du monde » ?
Bien entendu, il ne peut être exercé sous la contrainte…mais quel autre travail l’est, dans nos pays dits « civilisés » ?
Car si l’homme de loi croit se montrer subtil en barricadant la profession d’un tas d’interdits censés l’étouffer, il se trouvera des renards plus malins encore pour les contourner, la tâche d’autant plus aisée que les proies sont sans défense.

Il suffit, pour cela, de se souvenir de la période de la prohibition aux Etats-Unis qui avait vu paraître une nuée de distilleries clandestines vendant n’importe quoi à un prix exorbitant.
Il n’a pas fallu longtemps pour permettre à nouveau la vente d’alcool mais, cette fois, solidement réglementée.
Ceci laisse à penser qu’il s’agit bien du chemin à suivre si l’on veut rester cohérent et neutre, loin des petites mesquineries d’un puritanisme déplacé et anachronique.

D’autre part, le législateur, sous prétexte d’ « ordre public » et fort de la notion ô combien arbitraire de « débauche », bafoue allègrement le droit élémentaire des personnes majeures à disposer de leurs corps.

Si l’on considère normal et logique que d’autres vendent leurs bras, leurs jambes ou leur tête en vue de percevoir salaire, il est un peu curieux qu’il n’en soit pas de même pour le fruit défendu, facteur de tous les tabous.

 

Azaléa

* Illustration : Toulouse-Lautrec