Imaginons
un ouvrier qui serait à la merci des coups de son
patron, qui se ferait subtiliser sa paie par celui-ci, il
ne faudrait pas longtemps pour que la justice et les syndicats
s’emparent de l’affaire et condamne le patron
peu scrupuleux.
Alors, pourquoi ne pas considérer les prostituées
comme des salariées comme les autres ?
Combien
de siècles encore, le monde va-t-il jouer un double
jeu face à ce « plus vieux métier du
monde » ?
Bien entendu, il ne peut être exercé sous la
contrainte…mais quel autre travail l’est, dans
nos pays dits « civilisés » ?
Car si l’homme de loi croit se montrer subtil en barricadant
la profession d’un tas d’interdits censés
l’étouffer, il se trouvera des renards plus
malins encore pour les contourner, la tâche d’autant
plus aisée que les proies sont sans défense.
Il
suffit, pour cela, de se souvenir de la période de
la prohibition aux Etats-Unis qui avait vu paraître
une nuée de distilleries clandestines vendant n’importe
quoi à un prix exorbitant.
Il n’a pas fallu longtemps pour permettre à
nouveau la vente d’alcool mais, cette fois, solidement
réglementée.
Ceci laisse à penser qu’il s’agit bien
du chemin à suivre si l’on veut rester cohérent
et neutre, loin des petites mesquineries d’un puritanisme
déplacé et anachronique.
D’autre
part, le législateur, sous prétexte d’
« ordre public » et fort de la notion ô
combien arbitraire de « débauche », bafoue
allègrement le droit élémentaire des
personnes majeures à disposer de leurs corps.
Si
l’on considère normal et logique que d’autres
vendent leurs bras, leurs jambes ou leur tête en vue
de percevoir salaire, il est un peu curieux qu’il
n’en soit pas de même pour le fruit défendu,
facteur de tous les tabous.
Azaléa
*
Illustration : Toulouse-Lautrec