|
LA
QUESTION DU DON DU SANG
Apparemment,
aucun des candidats présents, outre monsieur Verjans,
ne semblaient au courant des dispositions de la Croix-Rouge
Internationale interdisant aux homosexuels masculins de donner
leur sang. Pire, il semblerait, aux dires d’un membre
de l’assemblée travaillant à la Croix-Rouge,
qu’une seule relation sexuelle avec un autre homme dans
toute votre vie, suffit à vous rendre impropre au don.
La disposition est d’autant plus choquante qu’elle
parle de comportement à risque, alors que l’homosexualité
n’est nullement un « comportement »…Elle
est dans la nature de l’être…Il ne choisit
pas…Il est.
Cependant, un autre intervenant a déclaré que
la Croix-Rouge, interpellée sur le sujet, avait quelque
peu modifié le texte mais qu’il restait ambigu.
Il passerait du statut de discrimination directe à
celui de discrimination indirecte, ce qui rappelons-le, est
également prévu dans la loi et passible de peines.
LA
QUESTION DE L'EDUCATION ET DU COMPORTEMENT
Volontairement,
j’ai placé ce sujet en dernier parce qu’il
mérite une réflexion approfondie de chacun quant
à ces propres valeurs et les schémas qu’il
véhicule. Comme l’a très bien souligné
Michel Granados, vice-président d’Alliàge,
le processus de la conception de la société
commence dès le plus jeune âge. Comment permettre
à des enfants d’assumer pleinement ce qu’ils
sont, si l’école continue encore et toujours
de ne proposer que le modèle de la famille traditionnelle
« Papa-Maman-Bébé » ? Ainsi, proposer
dans l’enseignement divers modèles familiaux,
traditionnelle, recomposée, de famille homo, etc. permettrait
aux jeunes découvrant leur homosexualité de
se sentir beaucoup moins exclus.
« Combien de fois, s’écrie un intervenant,
ne m’a-t-on pas demandé si je n’avais pas
encore de fiancée ? Dans ce contexte, comment répondre
alors : non, j’ai un copain ? »
La question de la formation des enseignants est alors posée…et
pas seulement dans le cadre de leur enseignement mais aussi
dans le modèle qu’ils proposent aux enfants.
« Tu traites quelqu’un de con, l’enseignant
réagit. Tu le traites de pédale, il rit »
entend-on fuser dans la salle.
L’image ainsi véhiculée est d’ailleurs
loin d’être le seul fait de l’école.
La presse elle-même s’en mêle en cherchant
sans cesse à présenter les homosexuels comme
des « folles » exubérantes. L’exemple
a d’ailleurs été donné d’une
LG pride où un journaliste cherchait absolument à
comprendre pourquoi la délégation liégeoise
n’était pas déguisée en drakqueen
plutôt qu’en Tchantchès et Nanesse qui
sont des personnages du folklore liégeois. N’ayant,
dès lors aucun intérêt pour ce journaliste
en mal de sensation, ils ne sont même pas passés
à l’antenne.
Mais il y a plus grave encore, les travailleurs sociaux, les
policiers, les fonctionnaires publiques, font parfois aussi
preuve d’un comportement très discriminatoire
à l’égard des homosexuels. Une sérieuse
remise en question de leur formation est absolument nécessaire.
Certains d’entre eux, sans être particulièrement
homophobes, peuvent, par manque d’information, commettre
des maladresses vexatoires ou humiliantes.
HOMOPHOBIE "ORDINAIRE"
Est-ce
un hasard, est-ce la proximité du débat qui
a provoqué en moi toute une série de remises
en question ?
Le matin même, discutant avec mon fils, je me surprenais
à dire « Quand tu auras une copine… ? »
Hésitation…Prise de conscience…Réaction
« …ou un copain… ».
Voilà tout est dit. Sans le vouloir, alors que je lutte
pour une société plus juste pour tous, je me
surprends moi-même à véhiculer des schémas.
Au point de vue de la théorie, l’homosexualité
n’est pas un sujet tabou dans la famille. Mais qu’en
est-il des messages inconscients que nous envoyons par des
discours stéréotypés ?
Il est un peu facile de taper le clou sur les instances publiques,
l’enseignement, la presse, la police…Mais somme
toute, ces organismes ne sont-ils pas composés de gens
comme vous et moi, dans lesquels sont encore inscrits de manière
profonde les modèles que la civilisation judéo-chrétienne
nous a imposés pendant des siècles. La société
n’est pas une entité : c’est nous qui la
composons. Quoi de plus normal alors que l’on y retrouve
amplifié le miroir de nos inconsciences et de nos maladresses
! C’est chacun qui doit clairement se redéfinir,
accepter de se regarder. Et oui, même moi qui me targue
de me battre pour le droit humain, j’ai fauté
par inconscience.
Il ne s’agit pas de commencer à culpabiliser,
loin de là. Mais d’ouvrir son esprit et de remédier.
Une prise de conscience collective ne peut que favoriser une
accélération du processus d’évolution
positive qui aura fatalement des répercussions sur
le monde publique, social et politique.
Azaléa
Un
petit mot particulier pour Michel Thomé, président
d’Alliàge : un grand merci pour tous les renseignements
qu’il me fournit régulièrement, pour sa
disponibilité et sa gentillesse.
Pour
contacter Alliàge, clickez ICI
Pour
contacter le Chel, Clickez ICI
|