Mais
c’est bien là que le bât blesse. Finalement,
à vouloir protéger ceux qui nous entourent, en croyant
se préserver soi-même, on arrive à des situations
où le simple fait d’ « être » doit
être caché, inconfort qui en oblige plus d’un
à mener une double vie, à constamment devoir contrôler
ses dires, voire même à mentir et s’inventer
une existence « normale » pour donner le change.
Pire encore, on entre dans l’impossibilité, ô
combien nécessaire, de partager ses joies et ses peines,
de trouver des réconforts salvateurs.
La seule possibilité : en parler avec ceux qui partagent
le même soucis…Mais ceux-ci, parfois confrontés
à leur propre affect, n’ont peut-être pas toujours
le recul nécessaire. Bref, plus on élargit les possibilités,
plus on a de chance de trouver une oreille attentive.
Dans
son livre « Aime-toi et la Vie t’aimera », la
psychiatre française Catherine Bensaid explique que nos
craintes et nos hantises d’affronter l’inconnu, nous
conduisent bien souvent (homos ou pas) à nous maintenir
dans des situations douloureuses parce que nous les connaissons
bien plutôt que de risquer d’affronter notre peur
de l’inconnu une bonne fois pour toutes en bouleversant
nos schémas.
Car
les réactions ne sont pas toujours celles que nous avions
imaginées. Nous pouvons très bien nous heurter à
des gens que nous croyions nos amis mais aussi s’en découvrir
que nous ne soupçonnions pas.
Vivre
dans le secret, c’est courir le risque de ne jamais se sentir
aimé pour ce que l’on est vraiment, c’est avoir
la sensation que les autres n’aiment qu’une apparence
de nous.
Décider
d’être soi, quoi qu’il advienne, ce sont bien
sûr des souffrances et des désillusions au départ,
mais c’est aussi avoir la certitude, enfin, que ceux qui
nous aiment, le font pour tout ce que nous sommes.
Par
la suite, ne nous aborderons que ceux qui nous acceptent en tant
que tels et pour qui ce que nous sommes ne posent pas de problème.
La franchise finit toujours par payer même si les premiers
pas sont très difficiles à vivre, un peu comme un
accouchement.
Plus
nous attendons, plus nous entretenons le mythe, plus la difficulté
s’accroît.
Tout
est une question de choix…Que voulons-nous être ?
Comment voulons-nous vivre ? Quel type de relation désirons-nous
entretenir avec notre entourage ?
Comment
le dire ?
Il
n’y a pas de remède miracle. Chacun, en fonction
de sa sensibilité et la connaissance qu’il a de son
entourage, réagit différemment.
Certains préfèrent ne pas en parler mais vivre leur
identité sans se cacher non plus, jusqu’à
ce que les autres s’en rendent compte.
D’autres amènent les choses progressivement, par
petits mots échangés, petites réflexions.
D’autres encore, un jour de révolte, lancent leur
vérité à la face du monde, à la manière
d’un défi….
Et mille autres cas de figures encore…
Personne
ne détient la clé…Chacun à la sienne.
Parfois, il peut être utile de connaître l’expérience
des autres pour s’en inspirer (A ce sujet, vous pourrez
trouver des exemples de coming out et de très chouettes
personnes avec qui échanger sur le forum
du LGBTH).
Que
faire si vous vous rendez compte qu’un de vos proches est
homo ou trans et n’en parle pas ?
Ici
non plus, pas de potion magique. Aborder brutalement la chose
peut avoir des conséquences complètement différentes.
Pour certains, cela pourra être vécu comme une incursion
dans leur vie privée ; d’autres seront sans doute
soulagés de ne pas à devoir l’annoncer et
en seront très heureux.
L’essentiel,
il me semble, est d’instaurer un climat de confiance, de
faire montre d’une grande ouverture d’esprit à
l’égard d’autres personnes dans le même
cas, de manière à envoyer des signaux d’ouverture
à la communication.
De toute façon, un dialogue sincère est une délivrance
pour tous, le tout est d’arriver à l’installer…chacun
à sa manière.
Si vous désirez réagir à ce texte, partager
votre propre expérience, n’hésitez pas à
m’écrire en cliquant ICI.
Vos textes pourront éventuellement être édités
sur le site…Sauf si vous désirez simplement en parler
avec moi…Je réponds toujours.
Bon courage à tous !
Azaléa