******Ananas *** Infos******


Retour au sommaire des Archives


Les Petits Métiers de la Rue

La vie, la société, la crise…Dans un monde quasi aseptisé où l’on pense être en voie de tout résoudre, fleurissent ça et là, sur le pavé de nos banlieues, des petits métiers que l’on croyait disparus dans le monde moderne. Bien souvent confondus avec de la mendicité, ces petits rois de la débrouille se métamorphosent pour arrondir leurs maigres fins de mois en marchands de fleurs ou de crayons, jongleurs, musiciens, portraitistes, cireurs de chaussures, laveurs de pare-brise et autre baladins du IIIème millénaire.
Pourtant, mendiants, ils ne le sont pas. En tous les lieux et par tous les temps, ils baladent leurs outils de travail aux alentours des parcs, des terrasses de café et des quartiers commerçants, sans se laisser décourager par les humiliations, les insultes et les regards parfois secs de « Monsieur-tout-le-Monde ».
Pourtant, c’est vrai qu’il y a de quoi se sentir parfois harcelés. Pas toujours riches, parfois culpabilisés d’être, malgré une situation pas toujours reluisante, mieux lotis qu’eux, nous détournons le regard, nous avons peur de dire non…

Mais les grandes théories du chômeur ou de l’assisté social paresseux et profiteurs battent de l’aile face à ces routards invétérés, imaginatifs parfois, qui se créent au prix de gros efforts ce que la société leur refuse. Cependant, pas de retraite, pas de sécurité sociale pour ces travailleurs d’un autre age.
Les autorités, déboussolées par le flux sans cesse croissant des petits métiers, n’ont de cesse de voter des règlements qui ne résolvent absolument rien. Aucune reconnaissance, aucuns droits, juste des actes de rejets, soit disant pris pour protéger les « honnêtes citoyens ».
Mais protéger de quoi ? Du constat accablant que notre société est loin d’être parfaite, que d’énormes lacunes sont encore à combler ?
Aucun acte de nos jours ne semble posé pour réduire le fossé entre ces mondes parallèles, entre le travail intégré et reconnu, et l’univers des artistes du plancher. Rien qu’un accroissement de la marginalisation de toute une tranche de la population qui a pourtant son mot à dire puisqu’elle consomme, aussi maigrement soit-il, qu’elle vote et qu’elle remplit des devoirs citoyens.
Ne serait-il pas temps aujourd’hui d’ouvrir une porte à l’imagination, au travail réinventé ?
Nous sommes tous potentiellement guettés par un retournement de situation…A moins d’avoir des avoirs personnels planqués, nous ne vivons plus à une époque carriériste où nos destinées semblent tracées de manière indélébile… La jeunesse doit sans cesse avancer à pas mesurés, s’adapter aux incertitudes du lendemain.
Ouvrir la porte aux initiatives, sans ce fatras de paprasseries et de tracasseries administratives qui découragent les plus endurcis, n’est-ce pas là l’une des clés, sans être la panacée, d’un monde nouveau ?
En empêchant cela, en cherchant à couler la nouvelle génération dans le moule de l’ancienne qui, reconnaissons-le, vit ses dernières heures de gloire, ne poussons-nous pas nos enfants dans un cul-de-sac ?

Azaléa