Transsexualité
: Témoignage |
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UN AUTRE REGARD
Quelques mois se sont écoulés depuis mes premières
vaines tentatives d'écriture d'un article concernant
les psys. Tous les mots que j'ai pu poser sur le papier
n'ont formé que bafouilles inintéressantes
ou articles impressionnants de brièveté, voire
épîtres pompeux (les jours de crise narcissique
uniquement !).
Après ces nombreux et cuisants échecs, j'opte
aujourd'hui pour la simplicité et l'honnêteté
des propos. Vous jugerez si cette nouvelle mais ultime technique
a porté ses fruits après lecture. Si cela
ne vous a pas plu, je préfère déposer
les armes plutôt
que de vous ennuyer à nouveau cruellement.
Au risque d'être reconnu par certains pairs, je me
dois de vous préciser la matière que j'ai
choisi d'étudier depuis maintenant 4 ans : la psychologie.
Les auteurs du CDT n'épargnent que rarement la profession
que j'ai choisi d'exercer. Je cite au hasard : "Choisissez
un psychanalyste bien pervers, vous n'aurez pas de mal à
cela" ; "ceux qui fouillent dans les poubelles dans
les souvenirs inconscients des patients" ; etc.
Dans le CDT N°9, consacrant un dossier aux psys, on
peut lire : "Sont-ils des criminels ? Sont-ils des pervers
?". A cela je répondrai que l'étude de la
psychologie, au risque de décevoir certains, ne produit
pas des êtres
tout-puissants dénués de défauts et
de pathologies. Non, cette profession n'est pas épargnée
par le charlatanisme et l'incompétence !!!
Alors qu'il va de soi d'effectuer plusieurs devis avant
des travaux, par exemple (et au hasard) de plomberie, pourquoi
pensez-vous trouver d'emblée et donc par magie le
psy qui vous aidera le mieux ?
Bien que n'ayant pas réalisé de statistiques
pointues sur le sujet, j'imagine que le pourcentage de pervers
chez les psys ne doit pas s'éloigner de beaucoup
de la population non-psy. Pire : Il en va de même
chez les enseignants psy.
Mais au risque de vous décevoir à nouveau,
je ne dénoncerai personne, ceux-là même
étant mes futurs employeurs potentiels ! Comme chaque
praticien exerce avec une méthode qui lui est propre,
choisissez celle qui vous convient le mieux.
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Il existe des thérapies, comme celles préconisées
par l'école systémique, qui ne s'intéressent
qu'à "l'ici et maintenant", au "hic et nunc" et non
pas aux méandres de l'inconscient et des origines
pathologiques. Je viens d'employer abusivement le terme
de thérapie,
fais mon mea culpa en me tapant
"virilement" sur le torse, et le remplace par celui d'accompagnement,plus
adapté dans cette situation.
Quand vous avez une bonne angine, vous vous rendez chez
le médecin, quand votre tuyauterie fuit (n'y voyez
aucune allusion déplacée !), vous appelez
le plombier, et enfin, c'est un beau et solide gaillard
pompier qui éteindra au mieux votre incendie !!!
Pourtant, quand vous déprimez, quand votre crise
narcissique vous a fait planquer tous les miroirs,
quand votre délire schizo-maniaco-psychotique vous
reprend, que faites-vous ? Au pire, vous restez chez vous,
seul(e) et persuadé(e)que le monde entier vous a
abandonné.
Je vous passe les absorptions douteuses qui font oublier
les misères du monde un soir, mais qu'une barre au
milieu du front se charge de vous rappeler le lendemain.
Au mieux, vous épanchez votre douleur auprès
d'un ami compréhensif.
Parfois, et même souvent, cet étayage suffit
à faire passer la crise. Pourtant, en cas de récidives
répétées, ne serait-il pas plus approprié
de faire appel à un professionnel, qui ne vous jugera
pas (s'il le fait, fuyez !), mais qui vous aidera
à mieux vivre votre souffrance. De nombreux tarifs
restent vraiment abordables et peuvent même se discuter
avec le praticien.
Vous ne serez pas pour autant devenu "fou".
Je ne connais pas les causes du transsexualisme mais les
devine multiples. Je sais par contre que je ne choisirais
pas toute cette souffrance psychique et physique de la transition
s'il y avait un autre moyen. Je ne renoncerais pas à
avoir un enfant
de mon sang si j'espérais un salut par la thérapie
psychanalytique me soulageant de mes maux par les mots.
Je ne blâme pas les psys septiques à l'égard
des traitements et opérations proposés aux
transsexuel(les). Mais, je souhaite être l'acteur
principal de ma transition et en prendre la responsabilité.
Des psys et des "trans" peuvent cohabiter intelligemment,
pour peu que chacun y mette de la bonne volonté et
de la tolérance.
Ma vision du monde n'est pas clivée : les bons d'un
coté et les mauvais de l'autre. Témoin régulier
d'une bonne entente possible, je souhaitais vous faire partager
cette expérience enrichissante et les réflexions
qui en découlent.
A vous de vous approprier ou non cet autre regard sur les
psys
SAMUEL
Paru sur le site de CARITIG, le 19 mars 2003.
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