Vieillir
Autrement a quant à elle abordé la question des
problèmes de communication qui surviennent entre les générations.
Ainsi, son représentant nous a-t-il expliqué la
peur des jeunes que peuvent éprouver les personnes âgées
et la peur également face à des cultures différentes.
Son but est de favoriser la création des échanges
pour effacer de telles craintes.
Les
jeunes — et les moins jeunes — ne voient plus, donc
ne connaissent plus. Il se donnent une image, endossent une attitude
et des vêtements afin de se sentir mieux intégrés
au sein d’un groupe. Image qui peut par la suite être
amplifiée et déformée par les médias.
Aujourd’hui, il est important de faire « propre sur
soi », un même jeune pourra ou non subir des réflexions
s’il est habillé en survêtements ou en costume.
Le
représentant des Papillons Blancs a quant à lui
évoqué le rejet que rencontre les personnes handicapées
dans la société, et par extension la gêne
que nous pouvons éprouver lorsque nous en rencontrons une
et la peur que nous ressentons que la personne s’en rende
compte dans notre regard. Il a affirmé que les différences
existaient — on ne peut pas le nier — mais qu’il
fallait justement voir comment ensemble on pouvait vivre. Il a
également essayer de montrer que nos différences
rencontraient finalement le même type de rejet. Selon lui,
il ne faut pas se cloîtrer dans nos seules luttes, mais
se battre ensemble pour une évolution des mentalités,
même si lente car c’est dans la durée qu’on
change les regards.
Les
associations homosexuelles présentes ont rappelé
les discriminations dont sont victimes les homosexuels, depuis
la simple ignorance volontaire de l’homosexualité
au rejet violent, depuis les licenciement abusifs à l’impossibilité
le plus souvent de simplement embrasser celui ou celle qu’on
aime au moment de se quitter dans la rue. Le thème de l’homoparentalité
fut abordé et nous n’avons pas été
à l’abri des réflexions selon lesquelles un
enfant ne peut se développer sans son père ET sa
mère, mettant ainsi dans le même groupe familles
homoparentales et monoparentales. Nous avons encore abordé
la question du mal-être liée au regard que nous porte
et nous fait porter sur nous-même la société.
Les associations ont également rappelé qu’il
n’y avait pas de loi réprimant les discriminations
homophobes et que « sale gouine » ou « sale
PD » demeuraient licites, de même que pour les discriminations
sexistes, au contraire des injures racistes ou antisémites
par exemple. Un participant a néanmoins souligné
la différence qu’il pouvait y avoir entre la loi
et son application. Mgr Brunin, interrogé sur la position
de l’Eglise à nié que l’Institution
s’opposait au port du préservatif (sic) mais qu’elle
prônait en revanche la fidélité. Interrogé
sur l’attitude de l’Eglise à l’encontre
des homosexuels, il a d’abord rappelé qu’elle
les aidait à travers des associations comme David &
Jonathan puis a affirmé qu’Elle se devait de les
accompagné et de les soutenir, qu’ils étaient
comme des handicapés, et qu’il n’avait jamais
rencontré d’homosexuels épanouis. On lui a
donc répondu qu’il avait beaucoup de chance car aujourd’hui
il rencontrait pour la première fois des homosexuels épanouis
et invité à en rencontré d’autres au
Centre Gay et Lesbien au 19 rue de Condé.
Ce
petit incident mis à part, le débat était
très agréable et riche. Certes, nous n’avons
pas rencontré un soutien unanimes dans l’assistance,
certains participants dans l’assemblée nous considérant
comme des malades mentaux — c’est toujours agréable
à entendre —, mais il s’est tout de même
dégagé un consensus autour du respect de / à
la différence. Mais ce qu’il faut aussi retenir est
le but final du débat. Nous ne parlions pas en vain. Le
débat était organisé au Centre Socio Educatif
de Wattrelos, il était donc préparé à
l’intention des jeunes des quartiers et de fait, un peu
plus d’une dizaine d’entre eux s’est déplacée.
Certes, il ne s’agissait pas de n’importe lesquels,
ceux qui étaient présents étaient des habitués
du Point Information Jeunesse qui avaient déjà été
briefés par les animateurs. Néanmoins, ces jeunes
ont posés des questions à la fois naïves et
intéressantes montrant par là une curiosité
saine et encourageante : « quelle type de discrimination
subissent les homos ? Qu’est-ce que ça fait pour
une mère d’apprendre que son fils est homo ? Un jeune
qui est élevé par deux parents homo, il devient
homo aussi ? Est-ce qu’il y a du machisme et du féminisme
chez les homo aussi ?… ». Il faut souligner ce pas,
ce dialogue instauré entre personnes et groupes de personnes
qui d’habitude s’observent en chien de faïence.
Une heureuse initiative donc à laquelle nous participerons
volontiers s’il l’occasion nous en est encore donnée.
Mettre ainsi plusieurs discriminations apparemment différentes
mais fondamentalement semblables sur le même plan était
judicieux puisque ça permettait de souligner justement
le fait qu’elles étaient identiques, et plutôt
que de parler de discriminations multiples, le débat aurait
pu parler de La discrimination, sans pour autant effacer les particularité
propres à chacune. Chaque discrimination méritait
un débat consacré à elle toute seule, et
ce projet est à l’étude pour l’année
prochaine. Regrettons seulement l’oubli, ou plutôt
le peu d’attention apporté à la question du
sexisme. Le sujet a en effet été abordé un
bref instant mais a vite été oublié pour
un autre. Il est vrai néanmoins que la soirée s’est
révélée très riche et qu’il
y avait beaucoup à dire. A une prochaine fois alors ?
Thomas