| Prostitution
: Comment le dire à ses Enfants... |
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A
la recherche de renseignements concernant la manière
qu'ont les prostituées de parler de leur métier
avec leurs enfants, je suis tombée sur un dossier
élaboré dans le magazine "Espace P"
sur l'excellent site du même nom ("Espace P"
est également une asbl).
Je
me suis permise de vous en transmettre une partie, l'intégralité
du dossier étant à consulter sur le site,
dont vous trouverez un lien en fin d'article.
En
Belgique, deux travailleurs du sexe sur trois ont des enfants.
La question de savoir s’il faut en parler avec
eux méritait donc d’être posée.
Nous ne vous livrons pas ici une réponse toute faite
mais plutôt quelques
éléments, vécus ou théoriques,
qui devraient alimenter votre réflexion.
LE DIFFICILE PARI DE LA VÉRITÉ
S'il est une préoccupation importante, qui revient
régulièrement au cours des conversations que
nous avons ensemble lorsque nous nous rencontrons dans vos
salons, vos bars ou à l'Espace P…, c'est la
question de savoir : - Que faut-il dire à nos enfants
de nos vies ? - Où, quand, pourquoi, commentleur
parler de notre prostitution ? C'est probablement une des
questions les plus délicates que vous vous posiez
et j'aimerais dans cet article envisager les différents
enjeux qu'elle soulève ainsi que quelques unes des
façons que vous avez d'y répondre, glanées
au cours de nos discussions.
Un des premiers préjugés tenaces qu'a notre
société vis-à-vis des personnes prostituées
consiste à imaginer des femmes "à part",
marginales, probablement perverses, en tout cas de "mauvaise
vie". L'idée que vous soyez, pour la majorité
d'entre vous, épouse et, surtout, mère, apparaît,
aux yeux de certains, inimaginable, voire même choquant.
Pourtant, la relation avec vos enfants est très souvent
au cœur de votre vie et de nos débats.
Pour
vous, comme pour tout parent, avoir un enfant peut être
le fruit d'un choix ou du hasard, la réalisation
d'un rêve, d'un désir profond ou, au contraire,
une contrainte que l'on aurait voulu pouvoir éviter.
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Quelle qu'en soit l'origine, le résultat est là
: une relation s'est créée et dont, bon gré,
mal gré, nous assumons la responsabilité.
En discutant avec vous, il apparaît comme une évidence
que le fait d'assumer cette responsabilité était
étroitement lié à votre activité
de prostituée.
Mon fils, c'est lui mon vrai mac, c'est pour lui que je
fais ça, c'est pour qu'il ne manque de rien que je
gagne tout cet argent, confiait A. en expliquant son choix
de rester indépendante. Mme X. réagissait
par contre violemment aux remarques insidieuses que lui
avaient faites d'autres parents : mon argent vaut le leur
; ils ne crachent pas dessus quand ma fille s'inscrit à
leurs cours d'équitation, à leurs clubs de
tennis…
Assumer, parfois seule, l'éducation de vos enfants
reste, pour beaucoup d'entre vous, le motif qui vous pousse
à rester dans le milieu.
Tant que les filles sont petites, je ne peux pas me permettre
d'arrêter de travailler.
Que vos enfants ne manquent de rien, voire même qu'ils
aient un peu plus, un peu mieux que "les autres"
est un de vos soucis majeurs. De votre propre aveu, ce souci
correspond d'ailleurs souvent à une forme de compensation
d'un manque dont parfois, vous-même, avez souffert.
Je veux pouvoir lui offrir tout ce que je n'ai pas pu avoir.
Néanmoins, vous restez conscientes qu'élever
un enfant ne repose pas uniquement sur le fait de lui assurer
un confort matériel. L'argent ne fait pas le bonheur,
même s'il peut y contribuer et, quelquefois, le risque
peut être grand que cet argent (ou ce qu'il procure)
prenne un peu trop de place dans les relations avec l'enfant.
Ainsi, en parlant de son fils qui venait de lui rendre visite
après un long temps d'absence, cette dame, ancienne
dans le métier, se plaignait un peu en disant :
Tu vois, je ne suis pas dupe, je sais que, s'il est venu
me voir, c'est parce qu'il avait besoin d'argent. Mais qu'est-ce
que tu veux, ça me fait tellement plaisir quand il
vient que je lui donne tout ce qu'il demande.
Elle n'est certes pas à blâmer, l'affection
de nos enfants est un bien précieux et nous serions
sans doute prêtes à beaucoup pour la préserver.
Néanmoins, l'amertume était perceptible dans
ses propos : qu'est-ce qu'il vaut cet amour que l'on doit
acheter ?
Dans ce dernier exemple, le problème de parler ou
non de sa prostitution ne se pose pas. Il est évident
que le fils connaît l'activité de sa mère
: il sait où la trouver, il sait quels avantages
il peut en retirer. A quel moment l'a-t-il su ? Comment
les choses lui ont-elles été présentées
?
Dans ce cas précis, il semble que c'est partiellement
au cœur de la réponse à ce type de question
que l'on peut trouver des éléments qui contribuent
à rendre satisfaisantes les relations avec l'enfant.
Pour certaines d'entre vous, ce type de question ne vous
fait pas peur et la réponse est simple, évidente
: il faut tout dire.
Peut-être faut-il saisir le bon moment, la bonne occasion
mais, de toute façon, il ne faut pas hésiter….
L’article
au grand complet sur le site d’espace P rubrique magazine
« Espace P n°30 »…Ne le manquez pas
!
http://www.espacep.be.tf/
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