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Le Corps au Ban et aux Enchères

Un accouchement pour une société d’assurance, un paire de seins pour un apéro, deux fesses pour un soda, un baiser pour une eau minérale, avoir une famille nombreuse pour acheter une voiture, on ne compte plus les exploitations du corps et des sentiments humains dans un but de lucre clairement établi.
Société qui peut paraître sans tabou qui vous étale la chair à tour de bras sur les panneaux publicitaires, à la télévision et au cinéma, sur les abris bus, les murs des gares et ce, jusque dans les toilettes.
Votre corps ne vous appartient pas, il appartient à tous.
Il est quand même un peu curieux que, dans ce monde-là, l’avortement, la transsexualité, l’homosexualité, la prostitution, l’euthanasie, la contraception et tant d’autres domaines, où il question justement du droit des individus à disposer de leur propre corps, les débats soient si houleux et la censure si oppressive
.

Deux poids deux mesures ? Et oui, parce que le triste individu perdu dans la masse qui ne désire rien d’autre que de pouvoir vivre, user de son libre arbitre quand aux attributs que la nature lui a donnés, ne rapporte rien.
Alors, comme par hasard, les sursauts de la morale bien pensante resacralisent tout à coup le corps humain, lui rendent une connotation divine et intouchable, quoi qu’en pense son propriétaire

Mais que des bonzes de la finance, en mal de sensation et d’inédit, cherchent à en user pour nous faire consommer, utilisant tous les moyens, y compris ceux qui touchent à nos sentiments et nos émotions, personne ne songe à s’en offusquer. Comme c’est étrange !

Pas un mot dans le lexicon, ni dans la loi Sarkozy sur les usages publicitaires du corps, pas un mot dans les discours extrémistes ou intégristes … La liberté économique n’est pas un vain dans notre société. Plus simple de s’attaquer à la liberté de l’individu qui, lui, n’existe que pour consommer, donc pour engraisser le monde financier.

Nous croyons nous appartenir ? Et bien non. L’usage que nous faisons de nous même est réglementé et balisé. Certains mêmes se voient purement et simplement privés de droits élémentaires. Pire, nous risquons la sanction si nous refusons cet état de choses.
Alors, « liberté liberté chérie » a des relents un peu amers en ces temps pseudo libertaires !
« La morale se relâche » clame l’Eglise. Je n’en suis pas si sûre. Je ne savais pas qu’il y avait tant de monde pour se préoccuper de ma modeste personne. Tous s’en mêlent, de l’église à l’Etat. « Fais ceci », « Ne fais pas ça », sous peine, selon les sources, d’incarcération, d’amendes ou de damnation éternelle.
Quel tableau ! Mais à constater les perspectives d’existence que cela implique, il y a des jours où je me dis que je préfère rôtir en enfer !

Azaléa