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même, entre les êtres, entre les choses, pas de
néant, juste des molécules d'air qui se déplacent
au gré des mouvements des uns et des autres, qui inévitablement
vont avoir des répercussions sur le reste...Pas d'entités
séparées sauf pour le regard, l'humanité
est un tout, le monde est un tout, l'univers est un tout.
C'est
un peu comme un jeu de dominos, ce monde moléculaire
: nous faisons tomber le premier et tous les autres tôt
ou tard seront touchés...un cercle constitué
de dominos qui n'a ni début, ni fin...
Bien
sûr, toute action n'entraînera pas le même
type de réaction puisque tout dépend de la force
du geste. Mais il ne faut pas oublier qu'un geste, si petit
soit-il peut faire boule de neige. En cherchant à visualiser
mentalement la matière, même celle qui n'est
pas préhensible par l'oeil, nous prenons conscience
de notre aliénation indestructible à TOUTE la
matière.
Dans
cet état d'esprit, l'intolérance devient absurde,
un peu comme si nous regrettions d'avoir une main droite ou
si nous voulions nous débarrasser de notre pied gauche.
Tout
est matière : rien ne se perd, tout se transforme.
Dans notre nourriture, dans le lit où nous dormons,
dans chaque objet que nous utilisons, dans l'air même
que nous respirons, il y a un peu du sang des morts d'hier
et les éléments de l'espoir des vies à
venir. Le temps et l'espace sont des figures de l'esprit.
Parce
que nous sommes insécurisés, parce que nous
avons sans cesse besoin d'expliquer le monde qui nous entoure,
nous élaborons nous-mêmes les barreaux de notre
prison. Nous refusons d'admettre que la réalité
comme nous la voyons est tributaire de ce que notre cerveau
peut percevoir, alors qu'elle est certainement beaucoup plus
vaste. Dans cet état de fait, la vérité
n'existe pas...Il y a autant de vérités que
de cerveaux, chacune ayant sa raison d'être, son égale
raison d'être.
Maintenant,
loin de moi l'idée de prôner le défaitisme
ou l'immobilisme, l'absence d'action est une action en soi
puisqu'elle a des répercussions sur le reste, puisque
notre perception de la réalité change dès
que nous agissons sur elle. Simplement, une envie de vous
transmettre cette fameuse leçon de modestie qu'un arc-en-ciel
m'a envoyé un soir d'avril alors que mon regard était
jusqu'alors posé sur le sol.
Azaléa
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