**Billets d'Humeur**

A propos de l'Adoption d'Enfants par des Couples homosexuels

Bouguereau "Premier baiser"

A propos de l’adoption d’enfants par des couples homosexuels


Depuis le lancement du débat à propos de l’adoption d’enfants par des couples homosexuels, un tas d’idées concernant les positions de la Belgique tournent dans ma tête.

Je me demande jusqu’à quand la loi sera suffisamment hypocrite pour nier des évidences concernant les aberrations de notre système et regardera, une fois pour toutes, la réalité en face, en oubliant quelque peu ses entêtements à protéger la sacro-sainte famille traditionnelle au détriment du bien-être réel des enfants.

Je la trouve plutôt cocasse, cette Belgique, qui prétend penser à l’équilibre psychologique des gosses alors que des centaines d’enfants grandissent dans des maisons d’accueil et des orphelinats, ballottés parfois de famille d’accueil en famille d’accueil,et quasiment inadoptables, même pour des couples éthéros.

Les conditions préconisées sont tellement draconiennes que peu de couples parviennent à obtenir gain de cause.

En poussant le raisonnement jusqu’au bout, il faudrait alors retirer leurs enfants aux familles monoparentales, aux familles de revenus modestes, aux familles nombreuses disposant d’un petit logement, aux familles dont l’un des parents est dépressif,aux familles dont les parents ont des horaires de dingue…
Bref, avec autant de causes de déséquilibre affectif pour nos chères têtes blondes, nous allons droit au suicide de la société de demain, à en croire les rapports des psychologues et des hommes de loi.

Il serait peut-être opportun, pour ces derniers, de commencer par définir la famille avant d’en déterminer les droits et les devoirs. Je les défie de trouver une définition qui n’exclurait pas une partie de la population.

Actuellement, ils utilisent des arguments psycho-affectifs pour justifier le refus, pour des couples homosexuels, d’adopter des enfants.
Cela me fait plutôt rire puisque rien n’a démontré des perturbations de cet ordre.
Au contraire, une récente enquête établit que ces enfants sont plus ouverts, plus tolérants, et que les seuls problèmes qu’ils peuvent rencontrer sont liés au regard des autres.
Or, si la situation était régularisée et banalisée, elle entrerait dans la norme et personne n’y prêterait plus attention.
Le dit-problème psychologique s’éteindrait de lui-même.

Certains utilisent l’argument du modèle « homme-femme » nécessaire à la construction des individus.
Les enfants ne sont pourtant pas élevés dans une bulle familiale. La vie leur offre suffisamment de contact avec les deux sexes. Certains enfants élevés en famille éthero et insatisfaits du modèle parental ne vont-ils pas chercher leur référant à l’extérieur : un professeur, un ami, un grand-parent, une vedette de ciné ou une star du rock.

Que penser de cette famille où les enfants sont élevés par leur maman, veuve, et leur grand-mère.
Il s’agit pourtant de deux femmes ! Et pas de modèle masculin interne à la famille…Quelle horreur !!!

Les détracteurs les plus fantaisistes sont ceux qui craignent que des parents homos ne « déteignent » sur leur progéniture en leur transmettant cette « diabolique » orientation sexuelle.
En retournant le problème, on pourrait se demander alors si tous les parents d’homos ne le sont pas eux-mêmes…Puisqu’il paraît que c’est transmissible !!!

Certains craignent aussi que des idées subversives ou de moralité douteuse ne soient insufflées aux têtes blondes.
Je connais pourtant une famille d’apparence respectable ayant pu adopter deux enfants. Or, le père est un fasciste notoire…
Apparemment, la société n’a pas jugé bon d’y voir un quelconque danger puisqu’il peut élever ses gosses en toute quiétude.

Ne serait-il pas temps de replacer l’amour au centre des débats ?

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, je ne prêche pas pour ma paroisse puisque je suis éthéro et mère de trois petits garçons.
Pourtant, j’ai souvent réfléchi à mon rôle de mère et ai plusieurs fois expliqué à mes enfants quel était le rôle d’un parent.

Etre parent, c’est avant tout aimer, apporter une sécurité affective, une oreille attentive et un appui moral. C’est guider, aider à devenir grand, autonome et responsable. C’est procurer des soins. Veiller à l’hygiène de vie. Nourrir et vêtir.

Et je ne vois pas en quoi des homos y arriveraient moins bien que moi !