| Transsexualisme
: Parcours Pénible vers l’Etre Soi
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J’avais
l’intention de vous présenter un véritable
récapitulatif du parcours transsexuel pour arriver
à la réelle adéquation entre le physique
et le psychique, mais les réponses tardant à
venir, je vous proposerai donc des bilans pays par pays.
AVERTISSEMENT
Il
s'agit ici de bilan récapitulatif. Il existe bien
entendu des exceptions.
INTRODUCTION
Un
jour, une maternité, un accouchement : « C’est
un garçon ! » s’écrie l’accoucheuse.
Comment le sait-elle ? Petite lapalissade : parce qu’il
a un pénis. Evident ? Non.
Parce que le petit garçon va grandir. Ses parents
vont envisager pour lui une foule de projets, vont l’imaginer
adulte, le voir marié avec une jeune femme idéale,
avoir des enfants.
Mais le petit garçon, lui, n’est pas bien dans
ce corps que la nature lui a donné. Peu à
peu, il commence à prendre conscience qu’il
est prisonnier, ou plutôt, qu’elle est prisonnière
d’une apparence qui n’est pas la sienne.
Difficile pour un enfant d’annoncer à son papa
et à sa maman qu’on n’est pas ce qu’ils
pensent que nous sommes. Alors, on culpabilise, on se tait
et on souffre dans la solitude.
L’enfant grandit, s’affirme, sort du giron familial.
Un jour, « il » décide de devenir vraiment
et intégralement « elle ».
D’abord, oser en parler : aux amis, au médecin
traitant, et parfois, si on y arrive, à la famille.
C’est alors que commence le pénible parcours
vers l’Etre Soi, que la société, encore
ancrée dans ses principes rigides ne facilite guère.
3 ans pour les plus chanceuses, mais cela peut durer 15
ans. A la merci des médecins, des psychologues et
de la justice, il faut une sacrée dose de courage
pour y parvenir.
1.
EN FRANCE
Deux
choix possibles : le parcours officiel ou le parcours libre
Le
parcours officiel présente l’avantage qu’il
est clairement balisé et que la prise en charge par
la sécurité sociale est automatique.
Mais
il n’est malheureusement pas la meilleure solution.
Il faut compter environ deux ans au moins pour recevoir,
éventuellement sa première hormone. Une
batterie de tests et de questions vous attend. Puisqu’il
est censé pouvoir reconnaître une personne
transsexuelle, il cherchera à vérifier si
vous n’êtes pas plutôt schizophrène
ou que sais-je encore ? Pas toujours très délicate,
la méthode utilisée prétend vérifier
votre « tendance » et la persistance des «
symptômes » dans la durée (comme s’il
pouvait s’agir d’un simple caprice !).
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Ensuite, il vous enverra chez un endocrinologue qui vous
prescrira un anti-androgène (inhibiteur de testostérone).
Oestrogènes et progestérone suivront. Il faut
compter environ trois ans d’hormonothérapie
pour une féminisation complète (féminisation
du visage, affinement de la peau, migration des graisses
et pousse des seins).
Il conviendra également de procéder à
une épilation définitive du visage, des soins
esthétiques complémentaires et des soins phoniatriques
visant à modifier la voix.
En ce qui concerne la vaginoplastie, il faudra compter 6
mois à un an avant l’opération.
Celle durera plusieurs heures, nécessitera une hospitalisation
d’environ deux semaines et deux mois de convalescence.
A ce sujet, beaucoup de transsexuel (les) français(e)s
préfèrent partir à l’étranger,
notamment en Belgique où les résultats sont
souvent nettement meilleurs. La chirurgie française
n’étant pas toujours très au point en
ce domaine (à quelques exceptions près), il
ne vaut mieux pas risquer un résultat désastreux
qui ne ferait qu’accroître les difficultés
psychologiques.
Malheureusement, à l’étranger, il n’y
a pas de prise en charge par la sécu française.
Il faut donc compter de 15000 à 20000 euros pour
l’opération.
En ce qui concerne le changement d’identité
(prénom sur quasi tous les documents sauf la mention
du sexe et le « 1 » sur le n° INSEE), une
requête devra être introduite auprès
du juge aux affaires familiales. Un conseil : mieux vaut
pour vos démarches juridiques de faire appel à
un avocat. Cette modification facilitera les démarches
juridiques ultérieures.
Ensuite, une requête sera introduite au tribunal de
Grande Instance pour un changement total (y compris le n°
de l’INSEE).
Il faudra compter de 6 mois à un an pour que le jugement
intervienne. Selon le tribunal, des expertises peuvent être
ordonnées par le juge (Allons, courage !). Une triple
expertise est parfois vécue comme un viol car très
onéreuse (1000 à 2000 euros).
Contrairement à une croyance assez répandue,
une prise en charge par la sécurité sociale
est également possible via la filière libre.
Il suffira d’une demande de l’un des praticiens
qui vous suit (psychiatre, endocrinologue, chirurgien).
Elle couvre le suivi psychiatrique, le suivi hormonal et
la vaginoplastie). Malheureusement, les autres soins pourtant
nécessaires et onéreux ne sont toujours pas
remboursés (pas non plus en filière officielle).
L’avantage non négligeable de cette filière
est que vous êtes entièrement libre du choix
de vos médecins. Il existe également des endocrinologues
qui acceptent le démarrage du traitement hormonal
avant l’aval du psychologue.
Reste-il des traces de votre ancienne identité ?
Oui, une seule : une mention « née garçon
» sur votre certificat de naissance.
Pourquoi lutter pour la disparition de cette mention ? D’abord,
certaines personnes peuvent avoir accès à
l’acte de naissance original. C’est le cas dans
le cadre d’un mariage, d’une adoption, d’une
démarche devant notaire ou lors d’un héritage,
etc. Cela constitue une véritable violation de la
vie privée.
Ensuite, comme le souligne Waela, on ne peut pas être
homme, puis femme. En réalité, elle a toujours
été femme, les apparences étaient trompeuses.
Il conviendrait que le législateur tienne compte
de cet état de chose.
Quoi qu’il en soit, que ce soit du point de vue physique
que du point de vue psychologique, le trajet est pénible
et parfois vécu comme une véritable torture.
Pour des êtres déjà fragilisés
par une situation de longue durée, la société
fait peut-être un peu trop « payer » la
métamorphose du papillon, comme si ils devaient être
puni d’avoir une identité différente
que celle que leur corps suggère.
Dans tous les cas, ils et elles méritent un fameux
coup de chapeau ! Nous ne pouvons que leur souhaiter tout
le bonheur du monde.
Azaléa
Un
grand merci à Waela pour ses précieux renseignements.
Autres
sources :
Divers
témoignages anonymes (et sites persos) ne désirant
pas être cités.
Site
de Caritig "Foire aux infos" http://www.caritig.org/index_fr.html
Site
asb http://www.asbfrance.org/
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