Parti
dont la représentation était la plus féminine
depuis les élections de 1999, les Verts n'ont plus le monopole
de cette évolution, même s'ils partagent encore équitablement
leurs quatre parlementaires. Suivent ensuite les socialistes francophones
(40 % d'élues), les libéraux (37 %) et puis le CDH
(25 %), dont l'effet Milquet masque des troupes très mâles.
Le seul élu Front national est aussi poilu.
Côté
flamand, les socialistes affichent 40 % de députées.
Le VLD, le CD&V et le Vlaams Blok oscillent tous autour des
30 %.
Institution historiquement plus féminine, le Sénat
étonne par son statu quo. Seulement 30 % des sièges
ont été remportés par des femmes. Populaires,
ces dames ? Les scores sont souvent flatteurs. Mais le gouffre
qui les sépare des hommes demeure énorme. Au Sénat,
à peine huit femmes figurent dans le top cinquante du pays
! Joëlle Milquet (CDH), classée dixième, arrive
en tête des femmes les plus populaires du Royaume (131.309
voix de préférence). A la Chambre, ce n'est guère
mieux. A peine dix élues figurent dans ce même hit-parade.
Classée quatrième avec 93.030 suffrages, la CD&V
Inge Vegotte (Anvers) a l'honneur d'être « la »
première.
Il
y a toujours un décalage structurel entre le pourcentage
de candidatures et le nombre d'élues, analyse Olivier
Paye, professeur en sciences politiques aux Facultés Saint-Louis.
Compte tenu des évolutions passées et des nouvelles
règles, on aurait pu s'attendre à une progression
plus proche des 40 %. Mais la défaite cinglante des verts
et la stagnation du CD&V sont à prendre en considération.
Ces partis avaient une grande tradition de mise en valeur des
femmes. Par ailleurs, il faudra analyser plus finement l'impact
de la suppression d'une partie de l'effet dévolutif de
la case de tête.
Aux prochaines élections, l'alternance homme-femme sur
les listes sera obligatoire. Un moyen supplémentaire de
renforcer la présence féminine dans les cénacles
parlementaires. Mais cette disposition ne suffira pas pour gagner
la parité.
Le
mouvement doit se prolonger au niveau des partis, poursuit
Olivier Paye. Trop de postes sont encore occupés par
des hommes qui cumulent plusieurs fonctions. Et puis, la féminisation
des instances dirigeantes des partis n'est pas un modèle
du genre. Il reste du travail sur ce plan.
Ah
! A quand une femme à la tête du PS ou du MR ? •
Christophe
Schoune
(1)
Infos : www.votezlaparité.be
Avec
l'aimable autorisation de Christophe Schoune Le
soir.be