Et
tant d’autres encore qui ne sont que le reflet de notre
impuissance.
Bien
sûr que nous ne pouvons pas régler tous les problèmes
du monde tous seuls. Mais nous avons un pouvoir électoral,
nous pouvons interpeller des élus, nous associer (Nous
ne mesurons pas notre chance puisqu’il y a des pays où
cela n’est même pas permis).
Surtout,
nous avons le pouvoir de nous réapproprier notre humanisme.
Ne plus tourner la tête…Parler…Dire bonjour…De
petits gestes qui nous semblent anodins mais qui rendent aux personnes
de la rue le sentiment d’exister, d’être pris
en considération, de retrouver leur humanitude. Qui sait
si le réapprentissage de la fierté, du respect de
soi, ne peut pas faire jaillir un nouveau désir de combat
pour s’en sortir.
Par
notre feinte indifférence, n’attisons-nous pas le
désespoir et la certitude des sans logis de n’être
rien, de vivre dans un monde parallèle dont les barrières
sont infranchissables ?
Ce n’est pourtant pas grand-chose que de changer de regard
ou, plutôt, d’accepter d’ouvrir les yeux.
Bien sûr que cela nous dérange, mais nous ne pouvons
pas, sous ce prétexte, faire éternellement comme
si cela n’existait pas.
Nous oublions parfois l’essence même de ce que nous
sommes.
Personne
n’est à l’abri d’un revirement de situation…Nous
sommes tellement certains de notre qualité d’être
humain…Qu’en serait-il si les autres ne nous accordaient
plus ce statut ?
«
Ancien bébé rose, amoureux au bouquet de roses »
dit la chanson de Souchon. La misère nous fait-elle perdre,
avec les biens matériels, notre droit à la dignité,
au soutien, à l’amitié, à la sympathie
?
Nous saluons nos voisins en sortant de nos immeubles…Pourquoi
ne regardons-nous pas ces sdf qui peuplent quotidiennement nos
trajets ?
La
honte, le dédain, la crainte, n’ont jamais fait progresser
les choses. Alors, à défaut de ne pas pouvoir régler
financièrement toute la misère du monde, donnons-nous
le pouvoir d’être encore des humains…Ce ne serait
déjà pas si mal.
Azaléa