Qui sommes-nous, nous les gens de passage,
Qui réchauffons les coeurs partis à la dérive
Que d'autres cueilleront sur le prochain rivage
Assurés qu'au-delà de nos larmes ils survivent
Qui
sommes-nous, nous les ombres fugaces,
Sur qui les mal aimés s'épanchent et puis s'effacent
Et qui s'en vont planter le fanon de la trève
Sur d'autres horizons au mépris de nos rêves
Qui
sommes-nous, nous les ports de l'escale
Où tardent les marins de la triste pensée,
Reprenant tout leur souffle et rechargeant leur cale
De trésors palpitants à nous non destinés
Qui
sommes-nous, nous radeaux des tempêtes
Offrant aux naufragés des passions englouties
Notre corps rassurant que pourtant ils rejettent
Dès qu'apparaît la terre des demains de l'oubli
Savent-ils
que l'on peut faire de l'île déserte
Un jardin merveilleux pour peu qu'on s'y arrête
Et qu'il y a sous nos hardes de pirates mal torchés
Des diamants de tendresse et des soleils cachés